A la suite de l'annonce simultanée des projets de nouveaux programmes scolaires et d'un programme de développement de l'enseignement des langues vivantes étrangères en France, l'Union
démocratique bretonne s'interroge sur l'avenir de l'enseignement des langues régionales et des
filières bilingues français - langue régionale.
Avec ces projets de nouveaux programmes scolaires, le ministère de l'Education
Nationale décide de mettre en avant "les fondamentaux", en l'occurrence le français et les mathématiques à l'école primaire. Parallèlement à cela, Le ministre
Xavier Darcos a présenté en conseil des ministres un programme de développement de l'enseignement des langues vivantes étrangères en France - enseignement qui sera généralisé à l'école
élémentaire dès le cours préparatoire. Ces deux annonces, qui peuvent paraître paradoxales, sont totalement muettes sur l'enseignement des langues
régionales. Ce silence a la valeur d'un aveu quant aux intentions du gouvernement dans ce
domaine.
Ajoutons à cela la parution le 27 septembre 2007 des programmes du primaire concernant
l'enseignement bilingue langue régionale-français, alors dénoncés par l'UGB (Union des enseignants en breton) comme « plus que dangereux pour l'enseignement bilingue par leur imprécision et
leur méconnaissance des réalités de l'enseignement bilingue en primaire »
Dans un contexte ou les ouvertures de classe sont
souvent refusées par le ministère de l'éducation nationale, alors que les critères qu'il a lui-même fixés (minimum de 15
préinscriptions notamment) sont remplis, et où l'Etat prend l'habitude
de ne même pas tenir ses engagements (cf. l'impasse dans laquelle se trouve le projet de convention
additionnelle au contrat de projet Etat-Région), tout ceci a de quoi
inquiéter.
L'UDB met en garde l'Education Nationale, et ne peut envisager la mise en place des
nouveaux programmes du primaire concernant l'enseignement bilingue à la rentrée de septembre 2008. L'application de ces nouveaux programmes aboutirait à la dévalorisation généralisée de
l'enseignement bilingue breton-français dans les trois filières, Diwan, Div Yezh et Dihun, de l'enseignement bilingue en Bretagne.
L'Union démocratique bretonne entend bien rester vigilante sur ce dossier et appelle à
la mobilisation de tous pour non seulement permettre le développement de l'enseignement bilingue et immersif du breton, condition nécessaire à la survie de la
langue, mais même sauvegarder les moyens existants qui restent très insuffisants au regard de
l'attente des familles.
L'attitude du gouvernement ne peut que conforter l'Union démocratique bretonne dans une de ses principales revendications, à savoir le transfert de la compétence de l'enseignement du breton et du gallo et de l'enseignement bilingue français - langue régionale à la Région. C'est la situation qui prévaut au Pays de Galles
(Grande-Bretagne) aussi bien qu'en Galice (Espagne) comme dans bien d'autres régions d'Europe, et c'est la raison pour laquelle les langues spécifiques de ces territoires ont pu être sauvées de
l'extinction.
Pour l’Union démocratique bretonne,
La porte-parole Mona Bras