Voies expresses de Bretagne
Non au passage à 130 kmh
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Deux délibérations prises au cours de l’année 2007 montrent une volonté de certaines collectivités locales de voir mises aux normes autoroutières les voies express bretonnes.
Le 25 mai, le Conseil Régional, lors de l'examen de la programmation 2007 du plan routier breton, a voté, malgré l'opposition des Verts et de l'UDB, des crédits destinés à financer des études
préalables à cette transformation.
Plus récemment, le conseil de communauté de Brest Métropole Océane a voté le 26 octobre une motion souhaitant la mise en oeuvre dans les meilleurs délais de la transformation en autoroute avec
limitation de vitesse à 130 km/h de la RN 12 entre Brest et Rennes et de la RN 165 entre Brest et Nantes via Kemper. Là aussi, les élus verts ont voté contre.
Alors que dans les conclusions du Grenelle de l'environnement figurait le gel des projets autoroutiers, on peut légitimement s'interroger sur la pertinence de ces deux votes.
En effet, les conclusions du récent rapport du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) sont claires : pour limiter la hausse des températures due aux émissions de
gaz à effet de serre, il faut engager des politiques vigoureuses pour diminuer
fortement ces émissions.
Or, le passage à 130 km/h de la vitesse autorisée sur les axes routiers Brest – Rennes et Brest –
Nantes provoquerait, au contraire, immédiatement une augmentation sensible de la consommation de carburant et de l'émission de gaz à effet de serre.
En outre, toute amélioration des temps de parcours par la route se traduit par une plus grande utilisation du transport routier au détriment des autres modes de transport, qu’il s’agisse des
personnes ou du fret. C’est aussi une incitation à éloigner encore les distances entre domicile et lieu de travail, ou entre fournisseur et client, par exemple, du fait de la réduction des temps
de trajet.
La spécificité des voies express bretonnes, gratuites, permet l’accès pour tous, à des voies de liaisons suffisamment performantes. Des aménagements liés à l'amélioration de la sécurité
routière peuvent se comprendre et sont même souhaitables, mais ne peuvent justifier la mise aux normes autoroutières. D’autre part, le risque de les voir transformées en autoroutes à péage, aux
entrées et sorties plus espacées, ne peut être écarté.
Après l'annonce du maintien de l'aménagement de l'aéroport de Notre Dame des Landes, la mise en oeuvre de ce projet de mise aux normes autoroutières, s’accompagnant de l’augmentation de la
vitesse limite de 110 à 130 km/h des principaux axes routiers bretons, constituerait une incohérence totale dans la démarche initiée par le Grenelle de l’environnement pour réduire les émissions
de gaz à effet de serre afin de lutter contre le dérèglement climatique.
Nous devons nous mobiliser pour empêcher cela.
La Bretagne doit, au contraire, être l’exemple à suivre de région où les voies rapides sont déjà à
110 km/h.